Quand les nombres et les figures

•8 février 2010 • Laisser un commentaire

 

 

Quand les nombres et les figures
Ne seront plus la clef de toute créature,
Quand, par les chansons et les baisers
Nous en saurons plus long que les savants,
Quand l’ombre et la lumière
Se marieront à nouveau dans la pure clarté,
Quand à travers les légendes et les poèmes
Nous connaîtrons la vraie histoire du monde,
Alors s’évanouira devant l’unique mot secret
Ce contresens que nous appelons réalité.

 

Friedrich Novalis
Traduction Gustave Thibon

Haïti, une larme de vie

•6 février 2010 • Laisser un commentaire

 

Pleure peuple Haïtien
pleure
ne cesse pas de pleurer
avec ton corps férocement réel
ne cesse pas de pleurer
avec ta danse et ton chant rituel
ne cesse pas de pleurer
avec ton originelle joie calcinée

pleure entre la tragique poussière
pleure
entre tes décombres d’horreur
entre tes solitudes qui se consomment
dans l’impensable!

Pleure et hurle ta colère
vers le ciel creux
pleure et hurle ta colère
vers tes champs dévastés
Pleure et hurle ta colère
vers tes maisons et murs effondrés

pleure et hurle ta colère
vers le chaos rapace
vers la stridence et le vide muets

Pleure peuple Haïtien
pleure et hurle ta colère
vers ta foi écrasée
-mais pas tué !-

Ta foi !
Est une petite fille
elle respire doucement
Ta foi !
Elle palpite entre le béton et la ferraille
elle invoque la mère nature
elle renaît du fond de l’apocalypse

Ta foi !
Elle vient vers nos bras
avec une fragile-beauté rescapée
avec un innocent sourire endormi
qui glisse et sort de la mort
au milieu de la mort
vers la vie
avec la vie
parce qu’elle est
ta future et nouvelle vie !

Pablo Poblète - Paris, 20 Janvier 2010                                                                                                     

« Beau comme une rencontre multiple » grâce à la toile internet, une amitié franco-chilienne.

http://www.canalacademie.com/Temoignage-Pablo-Poblete-peintre.html    

Les rêves mélancoliques d’Izis

•4 février 2010 • Laisser un commentaire

     

« Izis, Paris des rêves », c’est une exposition événement (et l’entrée est gratuite), à l’Hôtel de Ville de Paris jusqu’au 29 mai. Elle est consacrée au photographe Izis, l’un des cinq grands photographes humanistes du XXè siècle exposés au Moma à New-York en 1951, mais curieusement mal connu aujourd’hui… 

Izraëlis Bidermanas qui se fit appeler plus tard « Izis », est un juif lituanien, apprenti photographe, qui fuit son pays de misère à 19 ans en 1930, pour embrasser le Paris de ses rêves. Il va galérer plusieurs années avant de se faire une place parmi les grands noms de l’époque, Doisneau, Brassaï, Ronis, Cartier-Bresson. Il sera le seul de sa famille à échapper à l’extermination des nazis, ses parents, son frère, sa belle-sœur et sa nièce seront massacrés en Lituanie. Izis qui fut l’ami de Chagall, de Prévert et de Colette a été reporter de « l’anti-événement » à Paris Match pendant 20 ans où ses confrères l’appelait  » Izis la foule ». Il se promenait le reste du temps pour créer son œuvre personnelle. Il a publié 10 livres de référence dont le célèbre « Cirque d’Izis ».

Les 250 photographies réunies à Paris, dont une vingtaine de « vintages », entraînent le visiteur dans un monde nostalgique, poétique, où les petites gens, les dormeurs, les amoureux, les pêcheurs, semblent toujours ailleurs. Pourquoi n’a-t-il pas eu droit à la reconnaissance qu’il méritait ? Manuel Bidermanas, son fils, et Armelle Canitrot, critique photographique, chef du service photo au quotidien La Croix ont chacun leur explication.

Claire Baudéan

No comment

•3 février 2010 • Laisser un commentaire
 Le commissaire politique Bartolone 

Du blog de Gabale – à diffuser sans modération

15 rue David d’Angers

•1 février 2010 • Laisser un commentaire

 

Voilà nos amis du foyer David d’Angers partis après un rude hiver passé sur le trottoir. Ils ont été relogés par l’Aftam (association d’aide et d’accompagnement pour l’hébergement, l’insertion sociale et l’accueil médico-social des travailleurs migrants) dans différents foyers à Paris, certains pour seulement six mois. La lutte a été difficile depuis des mois entre l’Aftam, la mairie du 19ème et le collectif. Je ne sais si Huchon président de la région île de France a accéléré le dénouement ( les régionales ne sont plus très éloignées) toujours est -il que le temps pressait pour ces hommes qui ont vécu à la dure pendant des mois mais sans jamais montrer la moindre mauvaise humeur, bien au contraire, j’ai toujours vu chez eux de la gentillesse et un  sourire qui illuminait leurs visages fatigués. Maintenant le foyer est en cours de destruction, toute une époque se termine que Cheick l’un des résidents et leader du collectif a bien voulu relater en quelques lignes.

15, rue David d’Angers, l’adresse parisienne la plus connue en Afrique sud saharienne(Mauritanie, Sénégal, Mali, Guinée). Un immeuble d’un étage offert aux immigrés sud saharien comme dortoir par un religieux dans les années 60, dans lequel ont passé la plupart des grandes figures musicales du Mali tels Gando Fadiga, Bazoumana, des icônes dans leur pays. Espace d’accueil et de convivialité par une cantine ouverte à toute heure et à tous, surtout pour les plus démunis, le plat revenait qu’à 1,50 euro. Cet immeuble a une histoire, des souvenirs. C’était une présence, une communion  avec les riverains de 1968 date de son ouverture à nos jours. C’était une harmonie et un symbole de  stabilité dans le quartier qui vient d’être détruit par les politiques.  Cheick

Premier amour

•17 janvier 2010 • Laisser un commentaire

 

Premier amour, de Samuel Beckett. Mise en scène et interprétation de Sami Frey au théâtre de l’Atelier.

 

J’ai eu le plaisir d’avoir été invitée par des amis pour l’avant dernière représentation de « Premier amour » qui devait s’arrêter fin décembre et finalement prolongée jusqu’au 16 janvier.

Les parisiens ne savent jamais vous aider pour trouver une rue mais sur le chemin dans le quartier de Pigalle où je cherchais vainement le théâtre de l’Atelier, c’est le régisseur du théâtre aussi en retard qui me l’a indiquée…C’était amusant de le préciser.

«  J’associe, à tort ou à raison, mon mariage avec la mort de mon père, dans le temps. Qu’il existe d’autre liens, sur d’autres plans, entre ces deux affaires, c’est possible. Il m’est déjà difficile de dire ce que je crois savoir. « Ainsi commence l’histoire de Prenier amour, une nouvelle écrite en français en 1945 mais seulement publié en 1970.

Seul sur scène au décor épuré, Samy Frey fascinant, monologue… Pas tout à fait, car le public est comme apostrophé face à ce personnage pathétique qui semble vouloir vous attirer dans son immense solitude. Parfois on rit mais jamais de bon coeur, derrière un humour féroce se cachent des misères. L’ironie domine.  Samy Frey est remarquable, plein de finesse, on est suspendu à sa présence oscillante. Continuellement en décalage, on suit son errance sur une scène limitée par un rideau de fer et de deux bancs. L’acteur, le personnage, est tout proche du public et ne le laisse jamais tranquille.

Sami Frey invité de LCI, rend hommage au « Premier amour » de Samuel Beckett :
http://videos.tf1.fr/infos/2009/sami-frey-dans-premier-amour-5539424.html

Bonne année Monsieur Madec !

•6 janvier 2010 • Laisser un commentaire

Photo Gaëlle

Le chat

•5 janvier 2010 • Laisser un commentaire

 

A mon réveil, je vis que le chat, sur la commode, me regardait fixement, immobile. Il avait peut-être passé la nuit dans cette attitude.   Fernando Arrabal

J’attends

•4 janvier 2010 • Laisser un commentaire

 

 

J’attends la pluie Dit le désert. J’attends la paix Dit le soldat. J’attends demain Dit aujourd’hui J’attends la nuit Dit la luciole Moi aussi dit l’astronome Moi aussi dit l’étoile J’attends le vent Dit la fleur de pissenlit Moi aussi dit l’oiseau J’attends mon heure Dit le prisonnier Moi aussi dit la liberté J’attends la paix Dit le soldat Tu l’as déjà dit Je sais dit le soldat J’attends un enfant Dit la mère J’attends tout Dit l’enfant.        

Hubert Mingarelli     

                                                                                                                            

Le saut d’Halsman

•27 décembre 2009 • Laisser un commentaire

Philippe Halsman portraitiste des plus grandes personnalités, il aura l’idée de les saisir en plein saut. Ici Marilyn et Halsman, Dali et les Windsor.

Saisi en plein vol

•26 décembre 2009 • Laisser un commentaire

 

Un photographe du nom de Philippe Halsman demandait aux personnes qu’il photographiait de sauter pour mieux saisir leur expression, ainsi le masque tombe , la vérité profonde apparaît. Il a saisi en « plein vol »: Marilyn Monroe, Steinbeck, Grâce Kelly, François Mauriac… Ici, mon pigeon s’est prêté au jeu, le hasard aussi.

A vol d’oiseau

•25 décembre 2009 • Laisser un commentaire

 

Parade nuptiale ?…

A vol d’oiseau 2

•25 décembre 2009 • Un commentaire

L’application de la loi de réquisition !

•20 décembre 2009 • Laisser un commentaire

 

 

les expulsés du foyer David d’Angers

Alors que la crise du logement s’aggrave, il y a 1,8 millions de logements vacants en France, dont 330 000 en ile de France et 122 000 à Paris, selon l’INSEE. Ils sont vides par négligence, par calcul mercantile, par refus égoïste de louer … et ceci, sans compter les millions de mètres carrés de locaux et de bureaux également inoccupés …

Ces logements sont vacants alors que 15 000 ménages en ile de France dont 10000 à Paris sont reconnus prioritaires et attendent que les Préfet les reloge comme les y oblige la loi DALO

Ils sont vacants, alors que des artistes, des précaires, des intermittents des jeunes, des étudiants, ou des mal-logés réquisitionnent des espaces vacants pour se loger, en faire des lieux de vie, de travail et d’échange. Ils restent vides lorsque les habitants en ont été expulsés, comme 69 rue de Sèvre …,

Ils sont vacants depuis parfois des décennies, comme le 1 bis place des Vosges réquisitionné depuis le 27 octobre .

Ils sont vides et pourraient servir de logements « tiroir » pour les résidents de foyers en réhabilitation plutôt que les expulser et les laisser dehors comme rue David d’Angers.

Ils sont inoccupés alors que des demandeurs d’asile et des sans abris se cachent pour dormir dans des squares et des sous bois ;

Ils sont vides, alors que les sans abris meurent plus nombreux chaque année, que les enfants des taudis sont atteint de saturnisme, que les famille entières sont en errance sans pouvoir assurer une vie et une scolarité décente à leurs enfants, car ils sont privés de logement

Ils sont vides alors que les marchands de sommeil, les spéculateurs et les bailleurs privés font leur beurre, que les couches populaires sont chassées des centres, que les jeunes et les étudiants ne peuvent plus se loger que les locataires se serrent de plus en plus la ceinture pour payer leur loyer…

Ils sont vides, alors que 1,3 millions de familles attendent un HLM, dont 300 000 familles en Ile de France, que le nombre d’expulsions sans relogement est en hausse à cause de la spéculation et de la flambée des loyers.

L’État est en faute, car il refuse d’appliquer la loi de réquisition, il piétine la loi DALO. Or la loi de réquisition a été utilisée avec succès depuis sa création en 1945, notamment en 1995 et 1996, suite à l’occupation de la rue du Dragon par des sans logis, des associations, l’Abbé Pierre, et beaucoup d’autres..De plus en plus de voix réclament l’application de la loi de réquisition, comme le Comité de suivi de la loi DALO.La décision appartient au Gouvernement, en donnant instruction aux Préfets d’appliquer la loi, tout simplement ! 

http://www.jeudi-noir.org/
 

Rue David d’Angers en hiver

•19 décembre 2009 • Laisser un commentaire

 

Cheick à côté de sa tente

Ce n’est pas le sommet de l’Himalaya ni Courchevel mais bien la rue David d’Angers à Paris un jour de décembre.