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imgserver 410Résidents du foyer peu avant l’expulsion

Et si l’identité nationale était de se reconnaître dans des valeurs qui ont fait notre République, dans le combat pour les droits de l’homme ! Comment alors accepter que des êtres humains soient jetés dans la rue à l’approche de l’hiver ! Ainsi pour ces travailleurs africains jetés dans la rue le 27 octobre sans possiblilité de se protéger sous des tentes, interdites par les autorités. Un combat est commencé pour la dignité de ces personnes et pour le droit d’avoir un toit; avec les grands froids les ” sans domicile fixe ”de plus en plus nombreux referont leur apparition médiatique… comme chaque année. Avoir un toit c’est un minimum qui me semble devenu impossible dans la France d’aujourd’hui, cinquième puissance économique du monde. Etre Français (puisque le sujet est d’actualité) c’est peut-être aussi se reconnaître dans ce que dit la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, en préambule: - Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes, et qu’ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.

Un soutien inespéré

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Ce matin à 11 H Jacques Gaillot l’ancien évêque du diocèse d’Evreux est venu apporter son soutien aux expulsés du foyer David d’Angers. Petit rappel sur Jacques Gaillot qui a beaucoup défrayé la chronique dans les années 1990. Le 13 Janvier 1995, Jean Paul II retirait à Jacques Gaillot la charge du diocèse d’Evreux. Il le nommait à Partenia, diocèse disparu sous les sables du Sahara depuis le 5 ème siècle. Jacques Gaillot a relevé le défi de cette nomination. Partenia est devenu un espace sans frontières, qui est aussi le nom de son site internet: http://www.partenia.org/francais/partenia_fr.htm  Ainsi, nous avons eu tous le plaisir de revoir cet homme de 74 ans toujours disponible et engagé dans diverses luttes sociales. Apparemment sa présence a fait revenir la police sur les lieux, très nerveuse elle a demandé l’identité de la personne qui interviewait Jacques Gaillot. Plus tard plusieurs cars de police sont venus puis repartis, je ne sais pour quelle raison exactement, si ce n’est pour faire pression sur ce petit groupe qui commence à fédérer du monde.

Grandeur d’âme et fierté

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Une situation extêmement précaire perdure pour les expulsés du foyer David d’Angers. Samedi dernier la police a enlevé tentes et affaires personnelles, d’ailleurs des papiers et de l’argent n’ont pas été rendus. Chaque soir à 18 H des soutiens du quartier et d’ailleurs viennent auprès d’eux. Un collectif s’organise pour reloger au plus vite ces personnes qui vivent dans le froid et sous la pluie. Pas de signes des pouvoirs publics tout comme des médias qui considèrent sans doute la situation trop banale dans la France d’aujourd’hui. Pendant ce temps, des personnes qui travaillent pour la plupart dans la restauration et dans le nettoyage, vivent dans des conditions indignes pour des êtres humains; c’est d’autant plus insupportable avec l’hiver qui approche. Il est à noter que ces personnes ont été expulsées juste avant le 1er novembre date à laquelle toute expulsion n’est plus possible. Pour avoir parlé avec quelques uns, de les voir “vivre” presque chaque jour, jusqu’à les entendre couper des bouts de planches pour se chauffer, le jour, la nuit- ce qui me frappe chez ces hommes, c’est leur grandeur d’âme, leur fierté. Ils vont jusqu’à partager leur repas préparé par des femmes africaines du quartier.

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Suite à l’expulsion du mardi 27 octobre, un rassemblement a permis le lendemain aux associations de soutien (DAL ; Copaf ; 19ème Collectif, individus du quartier) d’apporter des tentes et des sacs de couchages. Mais à l’aube le samedi 31 octobre, la préfecture a de nouveau ordonné l’intervention des policiers débarrassant tentes, matelas, bâches aussi bien que les affaires personnelles, les téléphones portables, la nourriture. Le tout fut entassé -sans ménagement- dans le commissariat du quartier.

Face à cet acharnement policier, les habitants du foyer sont bien décidés à résister. Ils dénoncent l’imposition du projet de « résidence sociale » de l’AFTAM et de la Ville ainsi que la volonté manifeste de briser la solidarité et l’entraide qui fait la force des communautés africaines, et le refus de la Ville et de l’AFTAM à prendre en compte tous les habitants de l’ancien foyer dans leurs projets de relogement.

fristik

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article93360

Après quatre nuits…

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Il a fallu 10 mn à la police pour démonter le camp des expulsés du foyer David d’Angers, ce matin à 8H. Pas de résistance si ce n’est plutôt de la résignation (beaucoup de dignité aussi je dois le préciser) après quatre nuits froides bien difficiles pour les organismes. Deux cars de la police ont emmené les expulsés je ne sais ou, pris de vitesse ainsi tôt le matin sans l’aide de leurs soutiens absents à ce moment-là. J’espère avoir des informations par la suite mais je ne me fais pas trop d’illusions sur le sort de ces malheureux qui vont être dispersés ça et là, livrés à leur destin. Et resteront sans doute à jamais les  ”oubliés du foyer David d’Angers”  http://daviddangers-asso.org/tag/david-dangers/  Pour conclure, la police m’a intimé l’ordre de ne pas prendre de photos.

Le soutien s’organise

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Finalement des tentes ont été dressées pour les expulsés du foyer sans que la police s’y interpose.

L’expulsion promise a bien eu lieu. Les 116 migrants du foyer de travailleurs ont été délogés, y compris les trois malades qui disposaient d’un délai de deux mois pour quitter les lieux.

Périmètre verrouillé, interdiction de passer. Mardi, les forces de l’ordre sont intervenues dans le foyer de travailleurs migrants de la rue David d’Angers, dans le XIXème arrondissement de Paris, pour déloger les résistants. Ils étaient encore 116, les 116 “oubliés” à qui l’on n’avait promis aucune solution de relogement, à occuper les lieux. A  l’arrivée de la police, certains ont accepté de partir, quelques valises sous le bras. Une cinquantaine d’hommes ont continué à faire le pied de grue, refusant de quitter ces lieux où certains vivent depuis vingt ans.

Deux cars, l’un affrété par l’Aftam, la société gestionnaire du foyer, l’autre par la police, ont finalement emmené les migrants restant vers des centres d’hébergement parisiens. Ne restait que Boubacar Nanakassé, l’un des trois malades, président de l’Association des rejetés et des oubliés du foyer, bien décidé à ne pas bouger.

70 migrants avaient déposé une demande de délai auprès de la cour d’appel de Paris. Toutes les demandes ont été rejetées, sauf celles de trois malades. Deux malades ont fini par accepter de signer leur acte de départ, mais Boubacar s’est accroché à son droit de rester deux mois supplémentaires dans le foyer. Pas question pour lui de laisser l’Aftam se réapproprier le lieu ainsi.

Dans le courant de l’après-midi, les associations et les forces de l’ordre ont tout de même réussi à le convaincre de rejoindre un centre d’hébergement. Le foyer n’a de toute façon plus de courant. Mais il a tenu bon : il n’a pas signé son acte de départ.

“Le soutien est en train de s’organiser”

Des solutions provisoires ont donc été proposées à tous les migrants délogés. Une vingtaine ont été envoyés dans un centre porte de Clignancourt, d’autres dans le XIIème arrondissement ou à Nanterre (Hauts-de-Seine). Mais ces derniers refusent de quitter la rue David d’Angers. “Ils ne veulent pas y aller car c’est dans le 92 et qu’ils travaillent à Paris. Ça fait loin. En plus, ils doivent respecter des heures d’entrée et de sortie et ne peuvent pas recevoir de visites. Ils veulent leur liberté ; là, ils ont l’impression d’être en prison“, explique Samba Diallo, dont plusieurs cousins vivaient dans le foyer.

Mardi soir, ils étaient entre trente et quarante postés devant le foyer. Face aux CRS, sans heurts ni provocations. “On a joué du tam-tam, des voisins ont apporté des vêtements parce qu’il fait froid“, confie Samba Diallo. “On va dormir là, assure Camara Cheikh Tidiane, un des résidents, le soutien est en train de s’organiser“.

Elsa Maudet

http://minoritaires.fr

Rue David d’Angers 3

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Les expulsés du foyer après une nuit passée dehors.

 

Mardi 27 octobre à 6H du matin le foyer a été entouré par plusieurs cars de police. Les habitants ont été divisés en groupes, coupés de leurs délégués, emmenés dans des cars pour vérification d’idendité. Leurs affaires entassées ont été portées pêle mêle dans un garde-meuble. La préfecture en collaboration avec une orgaisation caricative a réussi à persuader une grande partie des habitants à accepter des “hébergements” très provisoires qui ne peuvent vraisemblablement pas durer au-delà d’une semaine. Malgré ces conditions difficiles, une vingtaine de résidents ont décidé de résister, de rester devant le foyer pendant la nuit et d’appeler à un rassemblement de soutien.

Les autorités ont refusé que les expulsés dressent des tentes et même qu’ils se couchent sur des matelas. La presse dont le Monde a été interdite d’approcher le foyer.

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Rue David d’Angers

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Expulsion des résidents du foyer David d’Angers à Paris 19e

Marcher sur la tête

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« Celui qui marche sur la tête, Mesdames et Messieurs – celui qui marche sur la tête, il a le ciel en abîme sous lui. » Paul Celan

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